Le Projet « Il suffit d’écouter les femmes ! » de l’Institut National de l’Audiovisuel (INA)

Impulsé en 2022, le projet «Il suffit d’écouter les femmes» vise à documenter et transmettre le vécu ordinaire de l’avortement avant l’instauration de la loi Veil en 1975 à travers 79 témoignages inédits de femmes et hommes ayant vécu ou assisté à des avortements clandestins. Ces entretiens en libre accès à partir du 21 janvier 2025 se déclinent également sous la forme d’un documentaire, d’une série de podcasts et d’un livre.
À l’occasion des 50 ans de la loi Veil en janvier 2025, «Il suffit d’écouter les femmes» – un titre qui reprend les mots prononcés par Simone Veil devant l’Assemblée le 26 novembre 1974, veut faire entendre, avant qu’il ne soit trop tard, les voix de ces femmes dont le vécu douloureux, libératoire ou traumatisant n’a jamais été enregistré et consigné. Ce projet s’inscrit dans la continuité des initiatives précédentes de l’INA telles que «Mémoires de la Shoah» et «En guerre(s) pour l’Algérie», visant à sauvegarder des récits de vie.
Le film documentaire est produit par Isabelle Foucrier, réalisé par Sonia Gonzalez et raconté par l’actrice Ana Girardot, et diffusé sur France 5 le 14 janvier 2025 (disponible en replay ici jusqu’au 17/09/2025) suivi d’un débat.
Le Projet CLS – 50ans Loi Veil
C’est en projet en 3 volets :
- Volet 1 : Organiser des ciné échanges autour du film documentaire de l’INA « Il suffit d’écouter les femmes »
- Volet 2 : Créer du dialogue intergénérationnel, en faisant converser des personnes, femmes et hommes qui ont vécu cette période, avec des jeunes, scolaires ou non, autour de la mémoire de l’époque de cette loi, de ce que la loi a changé, de la prévention des grossesses non désirées, de l’éducation à la vie affective et sexuelle d’avant et de maintenant…
- Volet 3 : Organisation d’une diffusion du film documentaire avec une table ronde regroupant des personnalités publiques
Calendrier
- Vendredi 7 mars 2025 à 18h : ciné échanges au Centre Culturel des Rottes
- Mardi 25 mars 2025 à 19h : ciné échanges à l’Espace Socio-culturel de Droué
Les partenaires du projet
- Le Conseil Départemental du Loir-et-Cher
- La Direction du Vivre Ensemble de la Communauté d’Agglomération Territoires Vendômois
- Le Centre d’Information Droits des Femmes et des Familles 41
- La Missions Locale du Vendômois
- Femmes 41
- Le Réseau des médiathèques
La Loi Veil
Le 29 novembre 1974 à 3h40 du matin, après vingt-cinq heures de débats, l’Assemblée Nationale adoptait la loi légalisant l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) par 284 voix contre 189.
Après une navette législative, les deux chambres, l’Assemblée Nationale et le Sénat, adoptent définitivement le texte le 20 décembre 1974, par 277 voix contre 192 à l’Assemblée et par 185 voix contre 88 au Sénat.
Elle est promulguée le 17 janvier 1975.
Son entrée en vigueur est prévue initialement pour une période de 5 ans, à titre expérimental. Elle est reconduite sans limite de temps par la loi n°79-1204 du 31 décembre 1979.
Le vote de cette loi est précédé par différents épisodes de la vie politique liés directement ou indirectement à l’interdiction de l’avortement, comme la légalisation de la contraception (1967), le Manifeste des 343 (1971), le procès de Bobigny (1972) puis le Manifeste des 331 (1973).
Après le procès de Bobigny, le ministre de la Justice, René Pleven, donne consigne au Parquet de ne plus poursuivre les avortements.
Que dit la loi Veil ?
La loi Veil dépénalise pour une durée de cinq ans l’« interruption volontaire de grossesse pratiquée avant la fin de la dixième semaine » (IVG), qui peut alors être pratiquée sous certaines conditions :
- situation de détresse
- délai de grossesse inférieur ou égal à 10 semaines (soit 12 semaines d’aménorrhée)
- intervention réalisée par un médecin dans un établissement d’hospitalisation
- réalisation de démarches obligatoires destinées à l’information et à la réflexion de la femme enceinte : deux consultations médicales (avec un délai de réflexion d’une semaine entre les deux), où les risques et les alternatives sont présentés par les médecins, et une consultation psycho-sociale
- volonté de la femme, confirmée par écrit
- le médecin et le personnel de santé disposent d’une clause de conscience, aucun n’est tenu de concourir à une interruption de grossesse
La loi Veil légalise également pour une durée de cinq ans l’« interruption volontaire de grossesse pour motif thérapeutique » (IMG), qui peut alors être pratiquée sous certaines conditions :
- péril grave de la santé de la femme ou forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic, attesté par deux médecins
- pas de délai, l’intervention peut être pratiquée jusqu’au dernier jour de grossesse
- intervention réalisée par un médecin dans un établissement d’hospitalisation
- le médecin et le personnel de santé disposent d’une clause de conscience, aucun n’est tenu de concourir à une interruption de grossesse
Contraception libre et gratuite : La Loi Veil du 17 janvier 1975 complète une autre loi initiée par Simone Veil et promulguée au même moment, la loi du 4 décembre 1974, qui autorise les centres de planning familial à délivrer aux mineures à titre gratuit et anonyme des contraceptifs sur prescription médicale, sans limite d’âge. La loi Neuwirth sur la contraception, promulguée en 1967, était réservée aux femmes majeures, à l’époque âgées de plus de 21 ans.